Interview d’une société collaborative : NinjaSquad

Si les sociétés collaboratives/coopératives ne sont pas nouvelles, plusieurs d’entres elles se sont fait connaître récemment et on sent un certain engouement autour de cette autre façon de travailler.

Je propose donc une série d’interviews de représentants de ces “nouvelles” sociétés qui jouent sur la transparence, la force de l’intelligence collective, les prises de décisions partagées et surtout, de vrais relations sociales.

Aujourd’hui, nous découvrons la team de NinjaSquad, boîte Lyonnaise, composé notamment d’une Java Champion, un top-contributeur de StackOverflow, deux JUG leaders et un ancien Googler, excusez du peu.

En quelques mots, pourriez-vous nous dire ce que fait votre boite ?

ninjasquadNous sommes essentiellement des développeurs Java & JS (on assure des prestations en régie sur Lyon et au forfait à distance), mais aussi des formateurs, parfois consultants (mais pas trop, on ne veut pas endosser le rôle de ceux qui donnent des conseils sans savoir de quoi ils parlent) et aussi professeurs (on donne des cours en école d’ingénieur et à l’université pour partager notre passion).

On rêve aussi de devenir un jour éditeur de nos propres logiciels, du coup on développe nos petites idées! Pour le moment, seul un outil open-source a émergé : DbSetup.

On a aussi organisé une soirée technique, un Ninjackaton sur Java 8 et les lambdas. Mais on ne peut pas dire que ce soit régulier, puisque ça n’est arrivé qu’une fois pour le moment.

 

En quelques mots toujours,vous pouvez nous décrire votre mode de fonctionnement interne ? Qu’est ce qui vous différencie d’une société classique en terme d’organisations ?

ninjasquadSans en avoir les statuts juridiques, nous avons repris les principes des SCOPs (Sociétés Coopératives) qui nous étaient chers : tous égaux (un homme = une voix), tous actionnaires. On a même poussé certains principes de la SCOP un peu plus loin : on partage tous le même salaire, malgré des disparités d’ancienneté. On est tous gérants de la société, avec les mêmes pouvoirs administratifs et banquiers (ce qui simplifie l’administratif).

Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu à gérer de désaccords stratégiques, mais nos statuts indiquent que les décisions sont prises à 75% de la majorité (3 personnes sur 4 dans notre cas).

Ce qui nous différencie également, ce sont nos ressources humaines : 100% de développeurs passionnés, sans commercial ni manager. Seul l’intérêt d’une mission nous décide : avec des charges minimes, nous ne sommes pas contraints d’accepter des missions alimentaires peu passionnantes.

 

Plus spécifiquement, comment faites-vous émerger les nouvelles idées ? Avez-vous une organisation particulière pour cela ?

ninjasquadPas vraiment d’organisation particulière. Ce serait plutôt l’absence d’organisation qui nous caractériserait : on a le luxe de fonctionner à l’envie, et de s’accorder du temps pour cela. On se réserve en effet un jour par semaine pour faire ce que l’on veut, loin de notre mission courante des autres jours. Si l’un de nous a une idée (et Cédric Exbrayat en a 2 par semaine!), il est libre de s’y investir. La société lui fournit alors les moyens nécessaires, que ce soit en temps ou en infrastructure. Par exemple, il a consacré deux mois de travail à un projet personnel : la société était heureuse de le financer, car son aboutissement aurait pu ouvrir de nouvelles perspectives.

Être son propre patron permet ainsi de gérer les cordons de la bourse comme on le souhaite. On est libre de choisir nos clients et refuser les missions qui ne nous plaisent pas. Et accessoirement, on s’accorde conférences, hardwares, et vacances à volonté! 🙂

 

Des anecdotes à partager ?

ninjasquadLes premières réactions auxquelles on a dû faire face sont celles vis-à-vis du nom de notre société, que beaucoup trouvent improbable : Ninja Squad. Les étrangers à notre milieu ne comprennent tout simplement pas, mais le retiennent. Les décideurs de grandes entreprises trouvent essentiellement ce nom farfelu et peu crédible. Les sympathisants sont souvent les codeurs : ça tombe bien, ce sont ceux avec qui on a envie de travailler. Ça nous permet de filtrer déjà nos interlocuteurs! 🙂

D’autres réactions agressives sont celles des commerciaux de SSIIs institutionnelles de la place lyonnaise. Si on les faisait plutôt rigoler au début avec notre image de Bisounours geeks, ils ont ensuite eu tendance à ne pas trop apprécier de voir des concurrents s’installer durablement sans force commerciale, et avoir une bien meilleure image auprès de leurs clients…

Enfin, une réaction plus amusante fut celle de l’expert-comptable lors de notre premier bilan annuel, qui avait du mal à comprendre qu’on ait si peu de charges pour venir grever nos bénéfices 🙂

Comment trouvez-vous vos clients ?

ninjasquadJusqu’alors, nous avons la chance que les clients viennent à nous sans qu’on les cherche. Travaillant et oeuvrant pour l’associatif depuis quelques années sur Lyon (Lyon JUG, conférence Mix-IT), on a le confort d’avoir un réseau assez large et qui pense à nous.

Le plus surprenant fût Internet : des projets intéressants nous sont tombés du ciel, contactés par de parfaits inconnus grâce à notre site. Comme quoi, l’image publique qu’on véhicule est importante (et le SEO aussi ;). Par exemple, la réputation de Jean-Baptiste Nizet sur StackOverflow nous a apporté pas mal de visibilité.

 

Utilisez vous des outils particuliers pour gérer votre entreprise d’un nouveau genre ?

ninjasquadDes outils particuliers, non. On est en tout cas complètement virtualisés : pas de local, pas de machine en propre. Seulement nos portables et la magie du cloud, pour travailler de n’importe où sans contrainte.

Tous nos documents sont sous Google Drive, partagés avec notre comptable.

Notre code dans des repositories Github, publics ou privés.

Notre site est hébergé sur une Dedibox. Et on en loue d’autres à la volée suivants les besoins.

 

Pour les quelques lecteurs de ce blog, recrutez-vous ?

 

ninjasquad

On vient de fêter notre première année d’existence, surpris mais heureux d’y avoir survécu sans trop de difficulté. Il n’était jusque-là pas du tout d’actualité de penser à recruter.

Mais au final, la croissance n’est pas non plus un de nos objectifs. On n’y songe donc pas vraiment.

 

 

 

 

 

 

 

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