Partir de Paris, 1 an après

lyonDébut d’année oblige, c’est l’heure des résolutions mais aussi des bilans.

En septembre 2011 je publiais un article “18 mois de freelance, alors quel bilan ?”. En janvier 2014 j’ai fait pas mal de chemin entre l’arrêt de www.localizeyourapps.com, la création de www.lateral-thoughts.com et la création de www.hopwork.com.

Mais le bilan que j’aimerais faire pour l’instant porte sur un changement plus personnel : mon émigration de Paris vers Lyon.

Je profite de ce post pour faire une rétrospective de ce départ de Paris en espérant que cela répondra peut-être à certaines questions que quelques uns peuvent se poser.

Tout d’abord, voici les faits.

Je suis parti de Paris en aout 2012. Je suis sorti d’une mission sympathique chez Egencia sans avoir aucune mission de prévue pour mon arrivée sur Lyon.

Arrivé en août, j’ai pris du temps pour organiser le déménagement, rechercher une nounou pour ma fille puis trouver une mission. J’ai finalement retrouvé une mission en novembre 2012 de…”développeur Python junior” 🙂

Depuis, j’ai enchaîné 3 missions en régie sur Lyon, 1 mission au forfait et une formation sur Paris.

Je vais tenter une rétro sur les thèmes suivants :

  • les motivations
  • la recherche de missions
  • les tarifs et le coût de la vie
  • le “confort de vie”

 

Les motivations

 

Je suis parti car après plusieurs années passées en banlieue, les transports et la circulation m’ont usé. En fait, en habitant en banlieue Est pour aller bosser à la Défense, j’avais l’impression de ne pas profiter de Paris. Et l’immobilier augmentant sans cesse je n’avais pas la possibilité de bouger. Même avec deux revenus corrects avec des prix au mètre carré qui oscillent entre 4 000 et 10 000 €/m², vous oubliez toute velléité de mouvement.

Partant de ce constat, nous avons cherché ailleurs, à l’étranger d’une part et en France en parallèle. Lyon satisfaisait plusieurs critères :

  • un retour simple sur Paris (2h en train) pour des questions familiales et pro (Lateral-thoughts et Hopwork)
  • une ville assez grande pour avoir une belle offre de travail
  • une ville 10 fois moins peuplée que Paris !

 

La recherche de missions

 

C’est bien beau de partir, mais il faut bosser quand même.

Sur Paris je recherchais régulièrement des missions longues avec l’ambition d’entrecouper de petites missions ou de formations.

Naïvement, je pensais que Lyon étant 10 fois moins peuplée, je trouverais 10 fois moins d’offres.

En mars 2011 (en Idf) lors d’une recherche de mission, je recevais environ 10 appels par jour. Donc je m’attendais à 1 appel par jour sur Lyon.

Petite erreur d’appréciation…

Si on regarde sur freelance-info par exemple, toutes offres confondues :

  • Ile de France : 1350 offres
  • Rhone Alpes : 84 (!)

En Java :

  • Ile de France : 324 offres
  • Rhone Alpes : 1 (méga ouch !)

 

J’ai reçu 1 appel en 1 mois et demi pour une mission de “Développeur Python Junior” que j’ai fini par accepter avec un peu d’appréhension.

Après plus d’un an je comprends mieux. Le marché Lyonnais est structuré différemment. Mes réseaux habituels ne m’ont servi à rien et il y a une grosse présence des intégrateurs traditionnels.

Sur Lyon le secteur banque/finance est beaucoup plus réduit. A la place il y a de gros acteurs industriels, Renault, Volvo, Seb qui font beaucoup appel à des gros intégrateurs.

Il y a un beau terreau de TPE et PME mais qui ont du mal à trouver des gens et que moi-même je galère à trouver.

 

Petite leçon donc, sur Lyon il faut vraiment savoir saisir les belles opportunités quand elles se présentent et en même temps éviter la bougeotte “à la parisienne” (Vous savez, cette habitude de changer de mission tous les 4 mois dès qu’un détail ne convient pas).

 

Attention à ne pas mal interpréter, Lyon est dynamique économiquement. Son environnement tech était mis en avant récemment par Fleur Pellerin. Lyon c’est 4000 entreprises dans le numérique et le 2ème pôle français du secteur. Depuis ma première mission, j’ai enchaîné d’autres missions sans aucune pause et je vois passer des offres régulièrement.

 

La conclusion n’étonnera personne. Les meilleures offres sont venues de mon réseau et donc sans surprise il a fallu prendre du temps pour qu’il se recrée naturellement avant d’avoir de meilleures opportunités.

Les salaires/tarifs et le coût de la vie

Quand on change de boulot on cherche souvent à rester dans les mêmes revenus ou plus. En partant à Lyon ce n’est pas possible. Sans surprise, les salaires parisiens sont les plus élevés du territoire. Les salaires sont entre 15 et 25% moins élevé sur la région Rhône Alpes.

Lyon est cependant en seconde position des salaires les plus élevés.

 

Concernant les tarifs de prestation pour les indépendants, parmi les freelances que je connais cela s’échelonne entre 400 et 550.

Pour ma part, j’ai démarré à 30% de moins que mon précédent tarif parisien (390 Vs 550). Je suis aujourd’hui à 20% de moins aux alentours de 440.

Je vois cependant passer des tarifs vraiment très inférieurs, de l’ordre de 220/jour. Mais à mon avis, ce n’est pas parce qu’elles sont diffusées qu’elles sont pourvues. Je n’imagine même pas que ces missions puissent l’être.

 

“20% mais c’est horrible !” pourriez-vous objecter. Oui, sauf que le logement coûte 40% de moins. Or le logement est le principal poste de dépense pour la majorité d’entre nous.

(Cf les prix moyen au mètres carrés cités par meilleursagents.com : 8151 à Paris, contre 3290 à Lyon).

Du coup, je loue dans un 92m² en plein centre de Lyon alors qu’avant pour le même montant (1000 euros environ) j’étais dans un 60m² en banlieue Parisienne.

Et je viens d’acheter une maison, certes en petite couronne Lyonnaise, à 2500 €/m². Bon courage pour trouver ça, même en grande couronne Parisienne.

 

Pour les dépenses usuelles les différences sont mineures. Les impôts locaux sont relativement semblables. Rien de particulier.

Côté restaurants et sorties, Lyon doit être un chouia moins cher. Désolé, je n’ai pas trouvé de source donc je ne me fie qu’à mes observations. On peut trouver des restaurants ou bar avec les mêmes prix qu’à Paris, mais dans l’ensemble, on mange pour moins cher. Je le constate car je remplis mes notes de frais en tant qu’indépendant et que ce poste a bien diminué.

Et en termes de transports, c’est compliqué de comparer puisqu’aujourd’hui j’y vais à pied. Forcément c’est moins cher mais je ne suis pas représentatif.

Le confort de vie

Pour conclure, juste après le chapitre qui parlait sous-sous, on va parler confort de vie. Parce que finalement, quelque soit le salaire, “vivre bien” dépend de beaucoup d’autres facteurs et en plus c’est subjectif. Vous pouvez aimer une ville qu’un autre n’aime pas.

Pour ma part, j’adore.

La ville de Lyon est très belle, plus de 40% plus petite que Paris et une grande partie se fait à pied sans souci. La ville est bien pourvue en transport : des métros, des trams, des bus et ils  ne sont pas bondés (enfin pas autant que Paris). En moyenne le temps de transport est plus faible. Pour ma part au plus long j’ai été à 25 min de trajet, au plus court 10 min à pied. Ça ne m’était pas arrivé depuis le collège…

Mais attention, c’est une moyenne. Si la circulation est moins dense qu’à Paris ne vous faites pas d’illusions, il y a des bouchons et je suis bien content d’avoir évité le tunnel de Fourvière jusqu’à maintenant.

 

Parlons de quelques points négatifs. Lyon est une belle ville mais on y trouve moins de musées ou de sorties culturelles. Ça pourrait un peu changer cette année avec les travaux de Confluence qui doivent s’achever.

Pas important pour tout le monde je vous l’accorde, surtout qu’on compense largement avec les sorties (Cf points positifs ci-dessous). Mais c’est toujours sympa quand vous avez un enfant ou quand votre famille vient vous rendre visite.

Dans le négatif toujours, nous avons eu la surprise de découvrir qu’il était bien plus difficile de trouver des médecins qu’en banlieue parisienne, enfin surtout les spécialistes, pédiatres ou médecins du sport.

Enfin, sur Lyon les magasins sont vraiment fermés le dimanche. A l’inverse de Paris et sa banlieue ou les fermetures du dimanche n’existent pas vraiment, ici c’est le cas. Du coup les centres commerciaux, magasins de bricolage etc… sont bondés le samedi. Et le dimanche vous n’avez pas intérêt à avoir oublié un truc.

 

Je disais plus haut qu’il y avait moins de sorties culturelles. Oui mais en contrepartie vous avez de très belles sorties dans la ville : le parc de la tête d’Or et son zoo gratuit, les traboules de Croix Rousse, la basilique de Fourvière, et vous avez également de belles sorties à faire en dehors de Lyon : le parc des Oiseaux par exemple.

Oui parce que sortir de Lyon n’est pas un défi à l’inverse de Paris. En 5 min vous êtes à la campagne, en 1h30 vous êtes dans une station de ski, en 2h vous atteignez le Gard, l’Ardèche ou le Vercors. C’est autre chose que Vélizy…

 

Dans les autres points positifs, Lyon n’a pas une réputation de ville gastronomique pour rien. Les restaurants sont légions et de qualité.

 

Enfin, professionnellement les rythmes de travail sont différents. Comme les temps de transport sont “en moyenne” plus courts, les journées de travail peuvent commencer plus tôt. Commencer entre 8h/8h30 ne relève pas de l’anecdote. Pour ma part c’est entre 8h45 et 9h00 puisque je dépose ma fille à la crèche à 8h30. En conséquence, les gens rentrent chez eux en majorité à partir de 18h. Certains plus tôt, et ça ne choque personne.

Et quand on part vers 18h pour arriver chez soi avant 18h30, on redécouvre qu’il existe une vie le soir. A paris, en arrivant chez moi à partir de 20h je l’avais un peu oublié… Et vous n’imaginez pas toutes les bonnes conséquences que cela entraîne.

 

Professionnellement toujours, les communautés techniques sont assez actives sur Lyon. On peut facilement faire une soirée par semaine. De plus, comme les lieux sont souvent les mêmes il m’a semblé que les liens entre communautés étaient plus forts. En tout cas pour ma par j’y ai trouvé beaucoup d’émulation.

 

En conclusion, j’ai atteint mes objectifs en partant de Paris : moins de stress, un meilleur confort de vie. Il y a moins de très belles missions, il faut savoir les saisir quand elles passent. Le reste compense largement à mes yeux. Evidemment l’idéal serait que je puisse bosser pour HopWork à temps plein. On verra 😉

 

hlassiege