Tarif des développeurs freelances

Il y a peu nous avons sorti un baromètre sur l’emploi freelance constaté sur Hopwork et je souhaitais revenir dessus puisque j’ai vu des questions à droite à gauche sur Twitter, sur des forums etc…
Tout d’abord avant de commencer, il existe beaucoup de freelances différents. Beaucoup ont la fâcheuse tendance de penser que leur façon de pratiquer le freelancing correspond à la « règle ». C’est très facile de croire cela, on travaille avec des freelances dans les mêmes conditions que soi, on fréquente des user groups avec des populations qui nous ressemblent etc…
En démarrant Hopwork j’ai moi-même beaucoup appris sur les métiers freelances car j’avais tendance à tout juger à partir de ce que je connaissais déjà : la mission longue en Java chez le client en régie.

Mission longue/Mission courte

Pour moi mission longue avant ça voulait dire 1 an de mission. En fait la notion de mission longue diffère selon les types de métiers. Certains freelances considèrent qu’une mission est longue à partir de 15 jours.
Par exemple un formateur missionné pour fournir une dizaine de formations sur 2 mois considère cela comme une mission longue alors que 2 mois sera vu comme du one shot rapide pour un développeur Java habitué à la régie.
Et ca a évidemment un impact sur le tarif. Plus la mission est courte avec une forte expertise, plus le tarif est fort. Plus la mission est longue, plus votre tarif baisse.
Pourquoi cela ?
Parce que dans votre tarif vous incluez vos coûts. Et parmi les coûts il y a le risque d’intercontrat et le temps de démarchage commercial. Si vous avez 50% de votre temps à passer sur du démarchage commercial vous devez l’inclure dans votre calcul de tarif. A l’inverse avoir l’assurance d’une mission longue vous permet de défalquer le risque d’interco de votre tarif.
En dehors de la durée de la mission, il y a aussi le temps dédié à une mission par semaine. Certains travaillent en temps plein, d’autres en temps partiel pour se réserver du temps sur un second client, de la rédaction de livres, des organisations d’événements ou tout simplement leur vie familiale.

Régie/forfait

On le résume aussi en terme d’obligations de moyens/obligations de résultats.
La régie (obligations de moyens), vous facturez au temps passé. Votre obligation de moyens vous impose de mettre tout en oeuvre pour remplir votre mission (respect des horaires de travail, professionnalisme etc…) mais à part cela, rien d’extraordinaire.
Le forfait (obligations de résultats), vous facturez en fonction d’un objectif défini à l’avance : création de logo, développement d’une appli mobile selon un cahier des charges, formation etc… Les objectifs sont encadrés par un contrat : temps de réalisation, critères de réussite etc… Et le manquement aux objectifs peut entraîner un non paiement.
Le forfait est par nature risqué aussi car le temps de réalisation est défini à l’avance. Si vous le dépassez, c’est pour votre pomme.
Mais ce risque est inclus dans votre tarif en principe. Si vous faites du forfait, vous devriez inclure un % de risque dans le prix. Je connais encore des freelances qui facturent des forfaits en prenant leur TJM de régie, please, si vous me lisez, ne faites pas ça 🙂

Télétravail/Sur place

Sur Hopwork il y a 28% des freelances qui déclarent souhaiter travailler à distance sur leur profil.
Si le télétravail est en hausse (voir ici ou ici) la progression est sans doute différente selon les métiers. Le développeur mission longue en régie rencontre des difficultés à imposer le télétravail à son client. A l’inverse le travail au forfait parvient plus naturellement à se faire à distance. En fait pour le client il lui semble plus simple de surveiller que vous remplissez votre obligation de moyens (votre présence) s’il vous voit.
Le tarif peut en tenir compte à la hausse ou à la baisse. Pour certains c’est l’obligation d’avoir du matériel, des bureaux ou une location dans un espace de coworking, donc ca s’intègre en plus dans le tarif. Pour d’autres c’est la possibilité de bosser de chez soi avec une économie sur les transports et une certaine souplesse.

Paris, Lyon, Nice, etc…

Oui, le lieu va influer sur le tarif. Je l’ai longuement indiqué sur ce billet. Mais pour faire simple, c’est la loi de l’offre et la demande.
Je vous invite vraiment à lire le billet ci-dessus pour plus de détail.
Et Paris drive les hauts tarifs presque tout le temps.
Sur le baromètre, on remarquera que Nice contient beaucoup d’irrégularités avec des variations très fortes par rapport à la moyenne nnationale En fait c’est tout simplement que nous avons peu de freelances sur Nice ce qui dégrade un peu la qualité des résultats sur cette ville. Si vous êtes Niçois et que vous voulez nous aider à améliorer ces stats, il suffit de créer votre page profil.

Cette petite introduction était nécessaire pour comprendre que les tarifs indiqués sur Hopwork reflètent des réalités très différentes et qu’il faut comprendre les écarts de tarifs en fonction de tout ces critères avant même de parler des métiers eux-mêmes. Deux personnes ayant apparemment les mêmes compétences peuvent travailler dans des conditions très différentes et avoir des tarifs jours différents. Evidemment en plus de cela rentrent d’autres critères, l’expérience, la reconnaissance (êtes vous connus pour votre travail ?) etc…
Relisez bien ce dernier paragraphe. Je vous garantis qu’il est important pour bien comprendre comment lire une telle grille de prix. Seuls, ces prix sont incomplets.

Tout cela posé, je vous propose de faire un petit focus sur les langages de développement.

barometre
PHP :
S’il y a un langage où l’offre est très différente d’une personne à l’autre, c’est sans doute le PHP. Le PHP a connu un grand essor fin des années 90 grâce à un grand nombre d’offres d’hébergement gratuites qui en faisait une plateforme privilégié pour un large public, de l’étudiant en passant par le libraire qui voulait sa boutique en ligne. Très permissif et très simple, il s’est fait de nombreux fans. Et un grand nombre d’autodidactes ont fait leur premier pas en PHP. Je n’ai d’ailleurs aucune honte à dire que j’ai débuté me premiers sites en PHP ^^ Mais contrairement à ce que pense encore beaucoup de développeurs, c’est aussi un langage qui a beaucoup évolué, des frameworks très puissants sont apparus et les pratiques de développement sont devenus matures. Ca a été et ca reste encore le langage web le plus populaire. Selon Wikipedia 243M de sites dans le monde utilisent PHP.

Et sur Hopwork, nous avons beaucoup de TPE et PME dans le monde du Web, c’est pourquoi la demande est très importante.
Alors pourquoi un tarif moyen plus bas que tout les autres langages ?
Tout d’abord parce que le nombre de personnes qui connaissent PHP est lui aussi très important.
Ensuite parce qu’il existe beaucoup plus de « juniors » qui proposent du PHP que de « juniors » en Scala par exemple (les personnes faisant du Scala ont souvent une autre expérience avant). On retrouve aussi parmi les développeurs PHP plus d’étudiants avec un statut d’auto entrepreneur qui font baisser le tarif moyen (mais ensuite ce ne sont pas eux qui obtiennent le plus de missions).
Evidemment si on s’amuse à regarder les stats sur les tarifs mais en prenant en compte les frameworks « pros » ou les CMS, on tombe sur des stats assez différentes (ca pour le coup c’est une info en exclu ici), et ce sont les développeurs Zend et Symfony2 qui s’en sortent le mieux avec des tarifs moyen sur la france entière à 397 et 365 euros. Normal, dès qu’on veut des pros, les tarifs augmentent.
Java :
Java est lui aussi très recherché sur Hopwork. Et tout comme PHP il y a beaucoup de développeurs qui le propose. Il reste un langage très utilisé en entreprise avec un écosystème très riche. On remarque une certaine uniformité dans les tarifs moyen quelque soit la ville.

Loin derrière les deux premiers, on retrouve Ruby dont les tarifs n’ont pas grand chose à envier à ceux des freelances Java. Personnellement je ne suis pas surpris, je n’ai toujours pas compris pourquoi Ruby reste en retrait en France alors qu’il est si populaire aux US.
On reste dans le web pour la place n°4 avec Javascript. Les tarifs sont plus bas sans doute pour les mêmes raisons que PHP, il y a une grande hétérogénéité des freelances qui le mettent sur leur profil.

Parmi les originalités, on a Scala qui, bien que peu présent est le langage avec les plus gros TJM. Il faut dire que c’est aussi sans doute celui qui est utilisé par le plus « d’expérimentés ». Ca doit exister un « junior » qui démarre sur Scala avec Akka etc… Mais ça doit être rare. Faut un peu de bouteille et de recul selon moi.

Et parmi mes incompréhensions personnelles, j’avoue avoir du mal à comprendre pourquoi C++ et C# sont aussi peu recherchés sur la plateforme alors qu’ils sont très présents en entreprise.
Enfin si, j’ai peut-être une petite explication. Les clients Hopwork sont majoritairement (mais pas uniquement) des PME/TPE dans le monde du web. Ce qui explique en partie l’absence de recherche C++.
Quand à C#, j’ai la sensation qu’il est majoritairement utilisé dans des grands comptes qui ont déjà les moyens d’acheter les licenses Visual studio pour leurs développeurs et les outils (TFS par exemple).
Je bosse depuis 2001 et je vois régulièrement des personnes qui se posent des questions sur les tarifs ou bien des débutants qui se demandent vers quelle techno s’orienter pour leur premier boulot etc…
J’espère donc que ce baromètre, premier d’une longue série, aidera à trouver des infos intéressantes pour tout le monde.

Vous pouvez retourner à vos claviers.


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hlassiege