A la fin de l'envoi, je code !

Freelance / Salarié : les chiffres

Il y a quelques temps j’avais proposé un billet permettant de comparer les statuts EURL/salarié et SASU. Ce fichier a eu et a encore un grand succès, il est consulté tous les jours par pas mal de monde, sans doute des freelances je suppose pour calculer leur optimisation entre dividendes et salaires.

Plus récemment, Jean-Baptiste (avec qui je travaille sur Hopwork) a proposé un billet un peu provoc sur la manière de doubler son salaire en tant que salarié, tout simplement en passant freelance. Les commentaires que ce soit sur son blog ou sur twitter sont amusants, on y rencontre des convaincus, mais aussi quelques sceptiques ou des « humanistes » qui trouvent cet article trop racoleur.

Evidemment qu’il y a un petit côté « kikimeter », c’est la marque de fabrique de JB, pas de tabou, parlons des choses sans se cacher. Mais ce n’est pas exagéré.
Il y aura toujours des esprits chagrins pour rappeler que l’argent ne fait pas revenir l’être aimé, ne fait pas repousser les cheveux etc…
Bien sûr. Et le billet de JB ne prétendait pas le contraire. L’argent ne fait pas le bonheur, ok, c’est connu, c’est su. Je pourrais même vous faire un article d’expérience sur le sujet car effectivement il y a bien d’autres choses plus importantes dans la vie. Mais c’est quand même bien appréciable d’avoir un souci de moins dans la vie. Et ça ne doit pas être un tabou de faire connaitre les chiffres des revenus des freelances.

Je vous propose pour illustrer le billet de JB de consulter ce fichier qui permet de calculer de façon très simple un salaire mensuel en rapport avec le coût total pour une société :

Comparaison salarié / freelance

Et qu’apprend-on dans ce fichier ?

(pour la suite de ce billet et afin de ne pas chagriner les âmes puritaines je prendrais des gants pour commenter les chiffres. Bien sûr vous avez aussi le choix de ne pas lire la suite de ce billet, c’est encore plus simple)

Prenons différents cas, des salariés qui sont entre 30 et 70k de salaire brut, une belle palette donc. Vous serez heureux d’apprendre que ces personnes coutent au total à leur employeur entre 42k et 99k. Et ces mêmes salariés touchent entre 23 et 54 net au final.
Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, vous êtes sans doute l’une de ces personnes et vous devriez avoir lu cette info sur votre fiche de paie.
Maintenant, prenons le cas d’un freelance pour comparer.

Si jamais vous souhaitiez être dans la même situation que le salarié qui gagne 30k brut (soit 1950 net par mois), alors il faudrait travailler seulement 130 jours à 250 euros/jours ce qui correspond à un peu plus de 17 semaines de congés supplémentaires rapport à un salarié. Pour info, les tarifs sur Paris tournent plutot entre 400 et 500, ceux de Lyon sont entre 350 et 500. Mais a 500 euros/jour vous risqueriez de vous ennuyer, il vous faudrait travailler seulement 65 jours ce qui à mon avis ne vous plairait pas.

Si vous étiez animé d’une ambition démesuré (et malsaine sans doute) et que vous souhaitiez émarger à 50k brut (soit 3250 euros/net par mois) alors cette fois en freelance il vous faudrait travailler environ 175 jours à 300 euros/jours. Si, pris de remords, vous décidiez de travailler au prix du marché, allez soyons fous à 500 euros/jours, encore une fois vous prendriez le risque de vous ennuyer puisqu’il ne vous faudrait que 105 jours d’activité.

Et si vraiment le pêché de luxure ne vous faisait pas peur et que vous visiez le mal absolu, un brut a 70k (soit 4550 euros/net par mois) alors cette fois il vous faudrait entre 185 et 210 jours entre 350 et 400 euros/jour. Mais attention, votre âme serait sans doute perdu à jamais…
Trêve de chiffres.

Ce que je retire de cela ? A vous de voir. Le marché du travail sera-t-il le même dans 15 ans ? J’en doute. Quitte à faire du service, je pense que beaucoup trouveront plus intéressants de le faire à leur compte.
Et ce mouvement touchera-t-il les éditeurs ? C’est plus difficile à dire. Evidemment travailler pour un éditeur sera toujours attractif mais je doute qu’une mutation aussi forte que la libéralisation du travail ne touche pas les habitudes de travail des éditeurs également.
Sur Hopwork, nous croisons de plus en plus de personnes qui nous proposent leurs services, mais en freelance. Normal me direz-vous puisque Hopwork souhaite accompagner cette mutation. Mais le nombre nous a surpris malgré tout.
L’entreprise de demain ressemblera-t-elle a un noyau représentant la culture de l’entreprise autour duquel graviteront des électrons libres ?
La génération Y qui arrive aux commandes est plus friande d’autonomie, d’horaires à la carte, de lieu de travail mobile. Elle souhaite travailler moins mais dans de meilleures conditions pour être plus efficace.
Mais tout cela serait sans doute l’objet d’un nouveau billet.